Aujourd’hui, je me souviens du soldat qui m’a fait cadeau de conscience, fut-ce été au prix du nous. Car par la conscience vient la liberté qui me permet de faire le point, de comprendre. Aujourd’hui, je pourrais enfin lui montrer la reconnaissance des quatre automnes qui m’ont fait grandir.
Hier, j’ai cru à tort que le soldat se battait contre moi, alors je me suis défendu par tous les moyens, de l’ignorance à la confrontation en passant par la méfiance, processus motivés sans exception par l’incompréhension de ses tactiques qui n’en étaient pas vraiment, au final. C’est précisément ce qui m’a fait désirer le retrait immédiat et sans condition des troupes. Mais il était trop tard parce que le soldat était déjà mort.
Aujourd’hui, je prend conscience de ces fautes. Maintenant, je sais que j’ai été un militaire et que tu as été une protectrice de la paix. Je sais dorénavant que c’est moi qui t’a fait échanger ton « pacifisme » contre un fusil : il a bien fallu que tu te défendes de moi. Et ce matin, à l’aube de ce quatrième automne, ton cadeau m’a définitivement fait rendre les armes.
Aujourd’hui, je n’ai plus qu’une dernière chose à te demander : de faire avec moi de l’espoir le sauveur in extremis du nous. Aujourd’hui et pour demain, je te demande pardon.